dimarts, 16 d’octubre de 2012

regards d'un passante de notre siècle


les yeux de nina

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marina 
tsvetaïeva 
vue par 
nina 
berbérova

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marina Tsvestaïeva
et
cigarre

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...(

Lorsque nous sommes partis le 4 novembre 1923 pour Prague, Marina Tsvetaïeva s'y trovait déjà depuis longtemps.Nous n'avions plus les moyens de vivre à Berlin et il n'était pas question d'aller en Italie, comme les Zaïtsev, faut de visa et d'argent. Nous avions peur d'aller à Paris, comme les Remizov.Nous redoutions le caractère définitif de notre exil et nous voulions prolonger un peu cette période d'incertitude. C'est pourquoi  nous avons choisi Prague.
Je ne pas pu apprécier Prague en raison de la précarieté de notre vie d'alors. Pour la deuxième fois en deux ans , nous perdions des relations et une ambiance que j'avais commencé a aimer. La ville  me parut à la fois plus majestueuse et plus isolée que Berlin.La 'Prague russe' , domminée par les vieux Tchirikov, Nemirovich-Dantchenko, Liatski et leurs femmes, ne nous acueuillit pas à bras ouverts. Pour eux je nétais qu'un petit  insecte et Khodassevitch un vers d'espèce inconnue et peut-être dangereuse.Tsvestaïeva, qui se morfondait, Slonim et Jakobson, de la même generation  que Khodassevitch et plus proche de lui que les autres, menaient une vie à part. Ces deux hommes ont réussi non seulment à survivre à l'etranger, mais à y faire carrière, Jkobson comme premier slaviste dans le monde , et Slonim comme critique et érudit. Ils le devaient sans doute à leur énergie  exceptionelle et à leur  ' folle ivresse l'action'. Khodassevitch et moi aurions sûrement pu nous cramponner à quelque chose, chercher une prise où mettre le pied comme les alpinistes, puis nous issez petit à petit....En pareil cas, la main tendue d'un ami peut retenir un homme même dans l'île de Pâques.Mais personne n'était là pour le faire etil faut croireque c'était bien ainsi.Tsvestaïeva et Slonim ne sont pas restés longtemps à Prague et Jakobson, une fois ses ailes déployées, s'envola comme un papillon de son cocon.
Le talent poétiques de Marina Tvestaïeva était en pleine maturité. Sa vie materielle par contre était précaire et elle l'est restée jusqu'en 1939, date de son retur en Russie. Elle avait déjà perdu une de ses filles, mort de faim à Moscou ; l'autre était avec elle. Son fils qui allait naître en 1925 sere tué au cours de la Deuxième Guerre mondiale. A Prague, elle donait l'impression d'une personne qui avait su conjurer ses malheurs malgré ses problèmes. On aurait dit cependant qu'elle ne s'analysait pas et qu'elle n'avait pas pris conscience, par une sorte d'immadurité psychologique, de ses capacités d'adaptation. Cela transparaît bien des années plus tard dans son poème, Le Cor de Roland, où elle chante de façon inspirée la douleur de l'exil.. Ce sentiment d'inadaptation, loin d'étre la marque dinstinctive d'une supériorité, come on le pensait jadis est plutôt le signe d'un échec psychologique et existentiel de celui qui n'a pas réussi à mûrir et à s'integrer à son temps et à la société dans laquelle il vit.





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Praga
1928
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Son engouement pour l'armée blanche était absurde et provenait de son mari, Serge Efron, à qui elle avait promis un fils. Elle m'avait dit : 'J'aurais un fils, je l'ai juré à Serge, 'Son mal de vivre était d'autant plus tragique qu'avec les années son besoin d'adaptation devenait plus lancinant. Cette habitude de se sentir différente commençait  à lui peser. Comme la majorité des poètes de notre siècle, elle mûrissait lentement. Elle ne sut cependant pas aller jus´qu'qu bout, même  si elle ne finit par comprendre , dans les dernières années de sa vie, que celui qui a choisi de rester en marge de la société ne doit pas en même temps la rendre responsable de son isolement. En exil, son drame s'aggrava du fait qu'elle avait perdu ses lecteurs et qu'elle ne trouvait pas d'écho à ce qu'elle écrivait. Peut-être manqua-t-elle aussi d'amis capables de l'apprécier à sa juste valeur.
La conception du poète qui vit sur une île déserte, dans les catacombes, dans satour d'ivoire, de briques ou d'autre chose, ou encore sur une iceberg au milieu de l'ocean, potant son talent comme le bossu sa bosse, suggère une série d'images certes séduisantes, mais qui dissimulant une vision romantique du créateur, sterile et mortellement dangeurese. Ces images peuvent s'insérer dans des vers immortels ou simplement honnêtes, et il se trouvera toujours quelqu'un  pour y réagir. Elles véhiculent cependant l'un des thèmes les plus insidieux de la poesie, à savoir le désir de fuite qui, tout enbellissant le poème, detruir le poète.. L'solement de marina Tsvestaïeva à Prague et son manque d'intégration à Parisne pouvaient que la conduire au silence une fois revenue à Moscou. et à sa fin tragique à Elabouga où elle se suicidera.L'issue était inscrite au fond d'elle et dans le type de rapports qu'elle entretenait avec autri et le monde. Tous les vers où elle crie qu'elle est différente de sautres et fièr de l'êtrew lassent présager ce denouement.
Elle a cédé à la vieille décdente de s'inventer de rôles; elle était tour à tour le poète maudit  et incompris, la mère et l'epouse, l'amante d'un jeune épheèbe, un personage au passé glorieux, le barde d'une armée en déroute , une jeune disciple et une amie passinée. Avec ses 'figures' et d'autres encore, elle composa des poésies inspirées. Elle était vulnérable,impulsive, malheurese et, au milieu de son 'nid'  familial, restait solitaire. Elle ne cessait de s'enthosiasmer, de se désenchanter et de se tromper.
Un jour, Khodassevitch me dit que dans sa jeunesse Marina Tsvestaïeva le faisait penser à Essenine, et vice versa, parla couleur de ses cheveux, le teint de son visage,et même ses gestes et sa voix.Je les ai vus une en rêve, tout à fait paereils l'un a l'autre, se balançant au bout d'une corde. Depuis lors, je nepeux pas empêcher de faire une parallèle entre les circonstances extérieurs de leur mort, alors que leur motivations n'étaient pas le mêmes.Essenine airait pu ne pas se suicider. Il aurait pu mourir en exil, en Sibérie, com Kliouïev, ou se ranger, comme Marienhof, ou 'se faire un place au soleil', comme Koussikov; la guerre aurait pu le suver, ou en cahangement dans la politiques littéraire, ou l'amour d'une femme ou enfin l'amitié de celui à qui fut dédiée un poésie de 1922, la plus tendre de toute son oevre :

Mon bien-aimé, tends-moi la main...

Adieu, Adieu ! Dans la clarté de la lune
Connaîtrai-je ce momment bienhereux ?
Entre tous ces jeunes gens couronneés de gloire
Tu étais pour moi la meilleur.

Un autre pourrait me supplanter auprès de toi,

Mais entre tous ces jeunes frémissants
Tu étais pour moi le meilleur !

MarinaTsvestïeva & sergeiEfron
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Sa fin n'était pas inéluctable.En revanche, toute sa vie, Tsvestaïeva alla au-devant de sa mort, à travers son amour imaginaire pour son mari et ses enfants, l'éloge de l'Armée blanche, la 'bosse' qu'elle portait si fièrment, le mépris envers ceux qui ne la comprenaient pas, l'humiliation changée en un masque d'orgueil, le fiasco de ses engouements et des  rôles éphémères qu'elle s'inventait. Ceux-ci étaient purement chimériques, et les épées, de carton, mais le sang qui a culé était réel.

... )



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C'EST MOI QUI SOULIGNE


  Nina Berberova



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petit
morceuaux
extrait
de
l'edition
française
J'ai lu
1989
traduit du russe
par Anne et René Misslin



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aDg
valldoreix
païsoscatalans
2012

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